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La consommation énergétique des NFT
Présentations

La consommation énergétique des NFT

Par 22 septembre 2022102 vues

Depuis les récentes mises en lumières médiatiques, les cryptomonnaies et les NFT on fait l’objet de beaucoup de questions autour d'une potentielle surconsommation énergétique de ces technologies.

Détracteurs d’un monde qui les dépasse ou véritables lanceurs d’alertes ? Voyons ensemble les faits et l’impact de ces avancées technologiques sur notre monde.

Tout d’abord il faut bien avoir en tête qu’indépendamment du protocole ou de la blockchain utilisé, la consommation d’énergie pour valider une transaction ne sera pas la même.

Différence de protocole

Actuellement la technologie la plus énergivore est le POW, le « Proof of work » tandis que POS, le « Proof of Stake » se trouve être plus économe car moins gourmand en calculs.

Pour rappel le Proof of Work, utilisée par Bitcoin et Ethereum premier du nom, fonctionne de telle sorte qu’à ce que chaque nouvel utilisateur, met à disposition sa puissance de calcul afin de résoudre des équations mathématiques complexes.

Ces calculs correspondent au minage, plus le temps passe et plus la validation de blocs se trouve complexe et demande donc de plus importante ressource en énergie.

Ce qui d’une part, rend les transactions plus longue et laisse aussi présager que plus des jetons en Proof of Work sont minés, plus cela engendre de consommation.

Pour le Proof of Stake, chaque validateur dispose d’une certaine quantité de crypto-monnaie qu’il va bloquer à une fin de staking, c’est-à-dire de participer au processus de validation des transactions et de former le consensus distribué dans l’optique de gagner une récompense en retour.

Les transactions sont alors traitées plus rapidement et l’impact énergétique se veut bien plus minime.

Ce qui place Bitcoin et Ethereum évidemment en grand vainqueur de la consommation d’énergie.

Quelques chiffres

L’on entend souvent que, si le Bitcoin était un état alors il serait le 53e plus gros consommateur d’électricité au monde !

Le réseau Bitcoin représenterait (selon un rapport de 2019) ainsi 0,27% de la consommation électrique dans le monde et Ethereum quant à lui 0,08% de la consommation d’électricité mondiale.

En revanche, ce qu'on oublie souvent de mentionner, c'est que le secteur bancaire traditionnel consomme deux fois plus que le Bitcoin.

En effet un rapport de 2021 indique que le système bancaire consommerait jusqu’à 263,12 TWh/an contre seulement 113,86 TWh/an pour le Bitcoin.

Des chiffres qui restent tout de même discutables puisque le secteur bancaire traditionnel ne communique pas leurs données.

On peut sans difficultés affirmer que la consommation est sous-évaluée, mais nous devrons nous contenter d’estimation, contrairement au Bitcoin qui lui possède d'ores et déjà des outils totalement transparents comme l’indice de consommation Électrique du Bitcoin de l’université de Cambridge, qui répertorie la consommation du Bitcoin dans le monde entier.

Cambridge

Il est vrai que certaines blockchains consomment des quantités d'énergie colossales, mais le Bitcoin qui généra 17 Millions de tonnes de CO2 en 2018 pollue en réalité moins que tous les appareils (télévision, chaîne hi-fi, ordinateur, clim) en veille aux États-Unis, de quoi relativiser.

Énormément de secteurs très ancien restent très polluants et ne subissent aucune remise en question, pour exemple les mines d'or rejettent quant à elle 81 Millions de tonnes de CO2.

Récemment les principales Blockchain innovent pour réduire leur empreinte carbone par exemple en mettant en place le Lightning Network pour Bitcoin et en organisant le passage d’un consensus de Proof of Work, à un consensus Proof of Stake pour Ethereum avec la mise à jour The Merge, ce qui permettra de réduire l’impact écologique de 99%, valeur non négligeable.

Selon une étude de 2019, 74% de l’électricité utilisée pour le minage s’avère provenir d’énergie renouvelable comme par exemple des fermes de minages installées en Islande, qui tirent leurs énergies de source géothermique, c'est-à-dire en utilisant la chaleur des nappes aquifères du sol, ou bien par la propulsion de vapeur.

Au Canada un immense complexe fonctionne quant à lui seulement grâce au surplus d’électricité produite par les barrages hydroélectriques du pays.

Les NFT dans tout ça ?

Aucune étude sérieuse ne s’est encore penchée sur le cas de la consommation énergétique des NFT mais selon certaines personnes comme l’artiste Memo Akten, déclare qu’Ethereum était un gouffre énergique et que la consommation d’un seul NFT serait de 340 kwh, ce qui correspond tout de même à la consommation annuelle électrique d’un citoyen européen. On parle même d’une émission de 211 Kg de CO2.

Un autre artiste, Joanie Lemercier à également déclarer à propos de sa collection d'œuvres numériques que « la sortie de six œuvres à consommer plus d’électricité en dix secondes que mon studio entier ces deux dernières années »

Ces affirmations n’ont pas tardé à faire réagir la marketplace SuperRare qui s’est empressée de publier un communiquer officiel « No, CryptoArtists Aren’t Harming the Planet » ou il explique qu’importe le nombre de transactions effectuer, dans tous les cas les validateurs continueront de faire tourner leurs machines.

Une explication supplémentaire est survenue de la part de l’artiste américaine Alexandra Rubio. D’après elle, la thèse défendue par SuperRare est fausse, mais les chiffres avancés par Memo Akten et Joanie Lemercier devraient être considérés comme une estimation très pessimiste et à prendre avec des pincettes plutôt que des chiffres exacts.

Possibles évolutions ?

La question environnementale étant sur toutes les lèvres, il est devenu nécessaire de rassurer et surtout de trouver des versions plus durables des NFT.

Jack Dorsey, cofondateur de Twitter et PDG de Square, a annoncé le lancement d’un fonds de 10 millions de dollars pour les entreprises qui chercheront à rendre le minage du Bitcoin plus écologique.

Objectif : que les cryptomonnaies soient « entièrement alimentées par de l’énergie propre, éliminant ainsi leur empreinte carbone ».

Un objectif partagé par Tezos qui se met à utiliser uniquement des énergies renouvelables pour alimenter le minage et la production des cryptomonnaies de sa Blockchain.

Les choses évoluent aussi en France. La plateforme de financement participatif uTip veut se lancer dans les NFT, avec le site Kalart.

Logo Kalart

L’environnement y est abordé directement en tant que problématique principal.

En utilisant la blockchain Polygon plutôt que Bitcoin ou Ethereum, Kalart assure que l’empreinte écologique est « faible, voire nulle » selon leur dire. Certaines plateformes de NFT semblent donc prêtes à faire des efforts.

Conclusion

La mauvaise réputation de la Blockchain en matière d’impact écologique n’est pas liée à la technologie en elle-même mais plus précisément au protocole de validation des blocs émis sur les Blockchains en question.

Le mécanisme de Proof of Work est utilisé sur Bitcoin et Ethereum, qui sont les deux Blockchains qui ont permis de mettre en lumière les points forts de cette technologie depuis 2008, mais l’on a vu que le Proof of Stake permettait d’éviter ce gâchis énergétique.

Les innovations vues précédemment vont sans nul doute faire réfléchir à nouveau ceux qui pensaient à tort que les NFT et plus principalement les cryptomonnaies sont un désastre pour notre planète.

Avec les avancées dans le domaine des énergies renouvelables et le souhait de plusieurs acteurs du milieu de la cryptomonnaie de rendre leurs activités plus Eco responsable, nul doute que dans quelques années, nous arrivions à des transactions cryptées neutres en carbone et très peu consommatrice d’électricité.

Ainsi, technologie Blockchain et développement durable apparaissent aujourd’hui plus que jamais compatibles et même complémentaires.

DepSickSociety
Rédacteur

Enthousiaste et entrepreneur du web, passionnés des arts et des sciences, chasseur de nft et investisseur en crypto